L'origine de l'association

A l’origine – un constat d’impuissance

La ville des Mureaux est située à moins de 40 kms de Paris, dans les Yvelines. Elle connaît un contexte économique et social difficile, contrebalancé par un très important investissement public et associatif. Elle ne connait toutefois pas très bonne presse. On ne se bouscule pas pour venir s’y installer et certainement pas pour la visiter.

Fin 2016, La Gerbe, une des associations intervenant sur la ville pour la réinsertion de personnes éloignées de l’emploi prends conscience que son effort parait vain : pour chaque personne réinsérée, ce sont deux ou trois personnes qui perdent dans le même temps leurs emplois sur le territoire. Poursuivre ainsi nous emmène collectivement dans le mur. Nous devons radicalement changer notre façon de penser et d’agir.

Dans le travail de réinsertion, la principale clef de réussite réside dans le changement de regard sur la personne qui se réinsère. Et si c’était notre capacité individuelle et collective à changer de regard qui pouvait transformer notre façon de penser et d’agir à l’échelle de la ville des Mureaux ?

Le pari – Inverser le regard sur soi, les autres et la ville

Notre pari est de faire évoluer ce regard pour construire de la valeur, symbolique et économique, individuelle et collective. Mais comment changer de regard? Qu’est ce qui peut nous dérouter de notre vision et de nos fonctionnements habituels pour développer un cercle vertueux ?

Quand on regarde les Mureaux, on mesure que les talents, ressources et opportunités sont là. Notre conviction que la clef de valorisation de ce potentiel est de changer le regard que l’on porte sur soi, sur les autres, sur les énergies qui existent dans la ville, la perception que l’on a de notre ville.

Renouer avec le pouvoir d’agir individuel. “Une source de souffrance fondamentale est le sentiment d’impuissance, le fait de ne pouvoir ni fuir ni se battre. Dans ces situations, on détruit notre rapport à l’action, le sentiment d’avoir la capacité à faire en sorte d’agir sur le monde dans une direction de ce qui est intéressant pour soi Cela entraîne une difficulté à se projeter et provoque une forme d’apathie collective. Le pouvoir d’agir, c’est la possibilité d’avoir plus de contrôle sur ce qui est important pour soi, ses proches, ou la collectivité à laquelle on s’identifie. C’est un pouvoir que l’on exerce ou développe individuellement ou collectivement ». L’épanouissement passe par l’action, son succès et la célébration de ce succès”. Le PTCE souhaite redonner la capacité son pouvoir d’agir à chacun d’entre nous, comme acteur légitime, quelque soit notre grade, condition sociale, ou notre ressenti identitaire.

Changer sa vion des Mureaux

Inscrire ce pouvoir d’agir dans une intention collective, surprenante, intrigante et à première vue absurde : faire des Mureaux une ville touristique. cette intention est tellement déroutante que l’on peut s’en amuser, et donc s’en saisir sans risque, individuellement – chacun peut s’y projeter et avoir une idée – et collectivement – aucune organisation ne s’est vraiment saisi du sujet sur le territoire. Ce projet nous donne l’opportunité de construire une aventure commune, fédératrice, excitante et mesurable par chacun. Il permet d’inverser le regard collectif porté sur la ville – Les Mureaux, ville repoussoir ? Non, Les Mureaux, demain, ville attirante ! – et de le proposer comme récit aux médias. Enfin, il permet d’y associer d’autres préoccupations qui nous sont chères : l’activité, l’emploi, l’environnement et la solidarité internationale.

Investir sur la capacité relationnelle. Changer de regard ne se décrète pas. Il passe par la qualité de la relation que l’on arrive à développer à soi-même comme aux autres. Nous sommes tous porteurs de jugements de valeur, qui nous ont aidé à nous structurer, et sont également limitant. « [nous] avons été éduqués dans un esprit de compétition, de jugement, d’exigence et de pensée de ce qui est  » bon  » ou  » mauvais « . Au mieux, ces conditionnements peuvent conduire à une mauvaise compréhension des autres, au pire, ils provoquent colère ou frustration, et peuvent conduire à la violence » . Il existe des outils à notre disposition pour travailler nos capacités relationnelles – apprendre à nous déjuger, à produire de la clarté dans ce qui se joue dans la relation, et à échanger de façon constructive. Nous souhaitons inscrire leur apprentissage et leur pratique au cœur du fonctionnement du PTCE, afin de générer un cadre d’échange basé sur l’efficience et la confiance mutuelle.

Construire en marchant. Nous fondons cette aventure collective dans un esprit de « sérenpidité », ou de « rencontre heureuse », c’est-à-dire de « tirer profit de circonstances imprévues ». Il s’agit collectivement de laisser de la place aux opportunités et de faire fructifier les mises en relation, mais aussi de donner à chacun l’opportunité de prendre sa place et son temps, dans une logique inclusive. C’est pourquoi notre stratégie restera ouverte et notre organisation décentralisée. En contrepartie, notre fonctionnement doit être extrêmement clair et réactif et notre système d’information très robuste pour rester collectivement efficients.

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